La metamorphose des tourniquets

La métamorphose des tourniquets. Un film qui raconte l’histoire d’Alicia, une polonaise défigurée par un éclat d’obus qui tente de freiner sa douloureuse passion pour les merguez.
Durée : 4h19min
[Plan sur un jardin d’enfant vide. Il y a du vent et des feuilles mortes volent. ]
Voix off (Paul Chevick) : Il y a de la nostalgie dans un tourniquet, des vagues obscures et étranges envahissent nos souvenirs. Une longue descente vers ce que l’on appelle la métamorphose tournante du néant infini. Et çà tourne … Et çà tourne …
[ le tourniquet se met à tourner grâce au vent, un bruit de gnou au loin]
Les feuilles mortes balayent les souvenirs de notre enfance et avec nos douleurs réapparaissent la nostalgie tournante du tourniquet.
[ un chat passe devant la camera, on entend des ornithorynques au loin]
Cette même nostalgie provocatrice, puissante et fragile nous transporte dans nos souvenirs les plus pénibles, les plus secrets et les plus tournants… et les plus tournants… et les plus tournants….
[ Il se met à pleuvoir. Un plat de cassoulet tombe du ciel au loin ]
Cette histoire est pénible, mais nécessaire pour comprendre ce qui n’est pas compréhensible et la métempsychose des injonctions cognitives troublent notre subconscient le plus profond, il est tournant et irréductible comme le polynôme x^n + 3.Disgestion contemplative du vide abstrait.
Voix off (Paul Chevick) : La sédimentation neurologique des gnous aggrave celle d’autrui. Une métamorphose en cache une autre et l’heure tourne autour d’un tournesol qui se fane en contemplant les astres puissants. Saucisse à la moutarde.
[la caméra descend sur ses narines, de la morve coule de son nez, on entend une cornemuse au loin]
Alicia… Alicia… Elle tourne au loin, loin de sa Pologne natale tournoyante et nostalgique à la fois. Cette nostalgie tiraillante et contemplative, anorexique et hypocondriaque. L’objet de tes désirs est absolu et relatif. Les dogmes impossibles et furtifs font tomber les portes invisibles des jardins fous. C’est quoi une choucroute déjà ?
[Plan sur un arbre mort avec un pélican sur une branche pendant 37 minutes]
Voix off (Paul Chevick) : La vie est clairement inutile sans pingouins, la force secrète des clafoutis diverge dans notre malheurs sadomasochiste. C’est quoi un mammouth ?
[La camera s’approche d’Alicia, on voit ses cicatrices, un éclat d’obus est encore coincé dans une de ses joues, des bulles de savon au loin]
Les photos de morses cachées dans ta chambre et sous ton oreiller pour être plus précis pourrissent à cause de cette nostalgie tournante et renversante comme un flan bleu. Et vice-versa.
[Plan sur une déjection canine, un bruit de calamar au loin]
Destituée par ce futile bonheur et ce panda manchot, tu ne crois plus… tu ne crois plus … tu ne crois plus…. Tu n’as jamais cru… tu croiras un jour peut-être… yaourt à la noix de coco… tu croiras un jour peut-être….
[Alicia pleure entourée d’asperges qui dansent autour d’elle]
[Un homme se frappe la tête contre un mur blanc, très lentement pendant 15 minutes, aucun bruit, puis on entend un bruit de frigo mal dégivré au loin]
Voix off (Paul Chevick) : Les tiroirs entrouverts de l’amour et de la peur font danser les canards …
Si vous ne trouvez plus rien, cherchez autre chose… 7 fois…
[Dans un champ de blé, Alicia s’épile le genou gauche, de la lumière venue de nulle part l’éclaire]
Un jour… tu auras ta merguez ! [un sous-marin soviétique s’écrase sur le champ et écrabouille Alicia]