Haiku : mode d'emploi
Un peu d'Histoire...
Le Haïku (forme poétique la plus courte du monde) remonte au tanka « poème court » déjà présent dans le Man’yôshû (« recueil des 10000 feuilles »), la première anthologie poétique compilée en 760 de notre ère .Le tanka, qui semble s’enraciner dans les incantations et les chants destinés aux déités, contient des références précises aux saisons et aux éléments de la nature liés au culte animiste shintô. Il consiste en cinq vers de 5,7,5,7 et 7 syllabes. La première partie, ou hokku (5-7-5) doit évoquer l saison, la nature, tandis que la seconde (7-7) lis la scène à un sentiment ou à une émotion spécifique. (Le hokku donnera naissance au haikai et plus tard au haiku qui, devenu poème indépendant, continuera à transmettre ce sentiment ou cette émotion –sans toutefois les citer- créant ainsi un monde de sens implicite. Cet art de suggérer un état intérieur sans le décrire – yûgen - est précisément considéré au Japon comme l’essence de la poésie.)
Le tanka devient rapidement l’un des passe-temps favoris de la Cour impériale. Entre le IXe et le XIe siècle, les concours de poésie connaissent une grande vogue dans les cercles aristocratiques, avant que s’impose le genre du renga ou « enchaînement de poèmes » :un participant rédige le premier tercet en 5,7,5 syllabes, le suivant lui réponds en 7 et 7 syllabes, puis un troisième poète écrit un nouveau hokku (5-7-5) auquel fait écho une autre phrase (7-7), et ainsi de suite, en des chaînes de 36, 72,100 poèmes, voire plus selon un procédé qui n’est pas sans rappeler les cadavres exquis chers aux surréalistes.
Devenue un genre poétique en soi, le renga emprunte plusieurs voies. Si sa forme classique reste réservée à l’aristocratie, une nouvelle école traitant de thèmes triviaux en langage courant, voit également le jour. Au début du XVIIe siècle, la prise de pouvoir par les shôgun Tokugawa entraîne de profonds changements dans la société japonaise : les marchands s’enrichissent, une nouvelle bourgeoisie apparaît. C’est elle qui adopte sous le nom de haikai-renga (enchaînement de poèmes comiques) ce nouveau genre ludique. Le premier verset (hokku) qui donne le ton à l’ensemble de la chaîne, occupe une position privilégiée, et les compositeurs de haikai-renga ne tardent pas à le présenter comme un poème indépendant, sous le nom de haikai-hokku (terme qui plus tard simplifié en haïku)
A proprement parler, la dénomination « haiku » n’apparaît qu’au XIXe siécle avec Masaoka Shiki. Par commodité on utilise ce terme pour désigner le genre de manière générale.
Le Haïku (forme poétique la plus courte du monde) remonte au tanka « poème court » déjà présent dans le Man’yôshû (« recueil des 10000 feuilles »), la première anthologie poétique compilée en 760 de notre ère .Le tanka, qui semble s’enraciner dans les incantations et les chants destinés aux déités, contient des références précises aux saisons et aux éléments de la nature liés au culte animiste shintô. Il consiste en cinq vers de 5,7,5,7 et 7 syllabes. La première partie, ou hokku (5-7-5) doit évoquer l saison, la nature, tandis que la seconde (7-7) lis la scène à un sentiment ou à une émotion spécifique. (Le hokku donnera naissance au haikai et plus tard au haiku qui, devenu poème indépendant, continuera à transmettre ce sentiment ou cette émotion –sans toutefois les citer- créant ainsi un monde de sens implicite. Cet art de suggérer un état intérieur sans le décrire – yûgen - est précisément considéré au Japon comme l’essence de la poésie.)
Le tanka devient rapidement l’un des passe-temps favoris de la Cour impériale. Entre le IXe et le XIe siècle, les concours de poésie connaissent une grande vogue dans les cercles aristocratiques, avant que s’impose le genre du renga ou « enchaînement de poèmes » :un participant rédige le premier tercet en 5,7,5 syllabes, le suivant lui réponds en 7 et 7 syllabes, puis un troisième poète écrit un nouveau hokku (5-7-5) auquel fait écho une autre phrase (7-7), et ainsi de suite, en des chaînes de 36, 72,100 poèmes, voire plus selon un procédé qui n’est pas sans rappeler les cadavres exquis chers aux surréalistes.
Devenue un genre poétique en soi, le renga emprunte plusieurs voies. Si sa forme classique reste réservée à l’aristocratie, une nouvelle école traitant de thèmes triviaux en langage courant, voit également le jour. Au début du XVIIe siècle, la prise de pouvoir par les shôgun Tokugawa entraîne de profonds changements dans la société japonaise : les marchands s’enrichissent, une nouvelle bourgeoisie apparaît. C’est elle qui adopte sous le nom de haikai-renga (enchaînement de poèmes comiques) ce nouveau genre ludique. Le premier verset (hokku) qui donne le ton à l’ensemble de la chaîne, occupe une position privilégiée, et les compositeurs de haikai-renga ne tardent pas à le présenter comme un poème indépendant, sous le nom de haikai-hokku (terme qui plus tard simplifié en haïku)
A proprement parler, la dénomination « haiku » n’apparaît qu’au XIXe siécle avec Masaoka Shiki. Par commodité on utilise ce terme pour désigner le genre de manière générale.
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